Appel à mobilisation pour l’abolition des privilèges
Plus les révélations sur des pratiques qu’un minimum de décence, de moralité et de bon sens basiques condamnent, s’étalent dans la presse,
plus le mélange des genres entre fonctions incompatibles se révèle au grand jour,
plus les arrangements petits ou grands des uns et des autres sont dévoilés,
plus il est patent que ceux dont la fonction les souhaiterait exemplaires, nous donnent chaque jour la preuve du contraire,
plus il devient urgent, indispensable, civique, légitime, de se lever…
…
Il règnerait donc, selon Monsieur Copé, « une atmosphère malsaine de nuit du 4 août ». « Malsaine » : on entend dans la voix du président du groupe parlementaire UMP à l’Assemblée nationale – par ailleurs Maire de Meaux, et de surcroît avocat d’affaires (sans doute pour arrondir des fins de mois trop justes) – un mélange de regret et d’incompréhension, de reproche, mêlés de crainte. Monsieur Copé, à qui l’on doit l’une des plus belles niches fiscales qui prive l’Etat de 18 milliards de recettes, se pince donc le nez en évoquant la nuit du 4 août. Curieuse lecture de notre histoire !
Le 4 août, à l’initiative même de la noblesse et du clergé, vit l’abolition de tous les privilèges dont ils jouissaient jusque là. Cet acte de justice, symbole d’un début d’égalité entre tous les citoyens d’une même nation, reste l’un des plus beaux acquis de la Révolution française, et ce d’autant qu’il ne fit couler aucune goutte de sang. Et c’est ce symbole qui agace le nez délicat de Monsieur Copé !?
Je ne sais pas pourquoi, mais je recommanderais à Monsieur Copé et à ceux qui lui ressemblent de souhaiter, à défaut de la favoriser, une nouvelle nuit du 4 août. Avant qu’il ne soit trop tard, avant que trop d’arrogance, de mépris, d’impunité ne laissent éclater une violence qui ne manquerait pas de couper plus de têtes qu’il ne faudrait.
Visiblement, à l’inverse de 1789, l’abolition de tous les privilèges ne viendra pas de leurs bénéficiaires, et la lettre ridicule du Président de la République demandant à ses ministres de bien vouloir régler leurs dépenses personnelles (comme la chose ne semblait pas aller de soi), n’y changera rien.
Il ne faut pas compter sur un secrétaire d’Etat fumeur de gros cigares aux frais de la République, ni sur un autre, apprenti bâtisseur sur fausses déclarations pour l’obtention d’un permis de construire illégal, le même ne rechignant pas à s’offrir un trajet Martinique-Métropole pour 116500€ (= 90 SMIC mensuels).
N’attendons rien des cumulateurs d’appartements de fonction, des bénéficiaires de faveurs de toute nature, chargés de mission bidon, nommés ici, là et ailleurs, conseillers de tout poil occupant plus de postes qu’il n’y a de conseils à donner, recalés du suffrage universel, recasés à des postes dont l’utilité n’est évidente que pour ceux qui les occupent, n’attendons rien d’eux.
N’attendons rien du meilleurs d’entre eux, le Président de la République lui-même, grand amateur de dépenses somptuaire supposées lui donner le lustre que la médiocrité des résultats de sa politique ne peut lui procurer.
Grand donneur de leçons, qu’il se garde bien de s’appliquer à lui-même et à ceux de son clan
– lui qui s’empressa de s’accorder, sitôt élu, une augmentation de 176% de ses propres appointements, et l’aménagement du coucou présidentiel pour la modique somme de 180 millions d’euros, hors coût d’exploitation (soit la moitié de la somme qu’il a promise aux haïtiens pour leur venir en aide) –
grand organisateur de sommets aussi inutiles que dispendieux, grand promoteur de voyages quasi-hebdomadaires en province qui coûtent une fortune tant en moyens de transport qu’en déploiement de forces de sécurité,
enfin, chacun le voit, l’exemple parfait du chef d’Etat incarnant une République irréprochable.
…
C’est donc à nous, citoyens, de remettre à l’honneur cette nuit du 4 août.
C’est à nous de nous regrouper où que nous soyons à cette date pour exiger l’abolition de tous les privilèges.
C’est à nous de mettre à bas cette monarchie républicaine, les castes qui la font vivre et s’en nourrissent,
c’est à nous de chasser, à coups de pied au cul s’il le faut, les courtisans et les prébendiers qui s’y engraissent et s’en abreuvent.
C’est à nous d’exiger une « République irréprochable » qui ne soit pas qu’un slogan électoraliste vide de sens et d’intentions aussi vite oublié qu’il aura été martelé.
I.R.R.E.P.R.O.C.H.A.B.L.E : est-ce trop demander ?